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Lettre à Monsieur le Président Jean PEYRELEVADE
Monsieur le Président,
Le Voeu funéraire et l'ensemble de ses filiales d'assistance à ses clients et aux opérateurs funéraires prescripteurs de ses contrats, oeuvre dans le domaine de la Prévoyance Funéraire depuis 26 ans. Créé à l'origine par un ensemble de professionnels en vue d'organiser la très ancienne pratique des convois d'avance, le Voeu Funéraire compte aujourd'hui 1 750 membres régulièrement habilités pour présenter les contrats obsèques, assister les familles dans le deuil, exécuter tout service funéraire. Ces entreprises sont toutes indépendantes et couvrent l'ensemble du territoire national. Elles représentent précisément la réalité du marché funéraire français dans sa diversité, c'est à dire de l'artisan rural à la PME évoluée, opérant sur toute une région, certainement à la plus grande satisfaction des familles puisque la moyenne d'âge de ces entreprises est d'au moins 15 ans, et dont un nombre important ont été créées il y a plusieurs générations.
Ces professionnels qui ont longtemps lutté contre le monopole imposé aux familles, ont vu couronné leur action par la loi du 8 janvier 1993 qui l'a supprimé. Dès lors on pouvait penser que la liberté retrouvée permettrait une harmonieuse évolution des services funéraires entre l'ancien groupe monopolistique et les petites et moyennes entreprises du domaine. Hélas, la loi qui supprimait un monopole en créa un autre, celui des assureurs, exclusifs financiers des opérations de prévoyance funéraire. Il faut bien constater 10 ans après la parution de cette loi que c'est la prévoyance, c'est à dire l'assurance qui a investi le domaine et bien peu pour ne pas dire du tout le funéraire. Jusqu'à présent, nous avions plus ou moins réussi à contenir la pression des compagnies d'assurances. Mais à partir du moment où des établissements comme le Crédit Lyonnais, voir la Poste ou la Caisse d'Epargne, ont décidé de capter les capacités de ce marché, en commençant par l'exploitation de leur propre clientèle en portefeuille, la situation change radicalement.
En nous référant, Monsieur le Président, à la lettre que vous avez adressée, le 8 décembre 2002 à l'ensemble de vos clients, nous pouvons nous aussi affirmer que la vraie valeur des services funéraires se mesure à la qualité des prestations à l'engagement des personnels et à la satisfaction des familles endeuillées, également à leur libre choix. Nous y rajoutons une valeur essentielle, celle de la décence. Or il nous paraît peu décent qu'une institution comme le Crédit Lyonnais, à des seules fins de collecte financière utilise la confiance indéniable que ses clients placent en lui pour diffuser et promouvoir un contrat dont le seul bénéficiaire serait le groupe O.G.F., ancien monopolisateur, participant de la sorte à renforcer encore sa position dominante dont le but établi est d'éliminer toute concurrence. La solution est d'autant plus critiquable que la présentation de ce contrat est essentiellement fondée sur des dispositions de sécurité, particulièrement sensibles, à ceux de vos clients se trouvant dans la zone des seniors, c'est à dire à partir de 50/55 ans.
Dans la mesure où le Crédit Lyonnais aurait pris le risque qui nous paraît essentiel de s'engager sur une prestation de service pré-établie, modifiable par le client à tout moment nous eussions compris qu'il entrait clairement dans le domaine funéraire. Mais force est de constater qu'il n'en est rien. Le contrat se contente d'introduire un exécutant obligé et rien de plus comme si le fait de garantir un capital au décès résolvait l'ensemble des problèmes qui se posent à ce moment là.
Nous ne doutons nullement de la qualité des professionnels du groupe O.G.F., mais il est quand même nécessaire de rappeler qu'ils ne sont pas les seuls à posséder ce talent particulier de savoir assister et aider une famille dans la peine.
Il en eut été tout à fait autrement si le contrat obsèques du Crédit Lyonnais avait laissé libre choix à ses clients d'opter pour telle ou telle entreprise. Evidement cela eut été une manifestation personnelle à caractère testamentaire qui n'aurait pas permis au groupe que vous soutenez de prétendre une fois de plus à l'exclusivité.
En ce qui nous concerne, nous attirons l'attention de l'ensemble des opérateurs funéraires oeuvrant avec nous dans la prévoyance funéraire, dont grand nombre fait parti de vos clients, pour qu'il ait la réaction nécessaire. Par ailleurs, nous en référons également à l'autorité en charge de la concurrence pour quérir sa position face à cette situation nouvelle étant précisé que nous avons déjà saisi le législatif en vu d'un dépôt de projet de loi modificatif, ayant pour objectif de ramener ce type de contrat à sa position naturelle, c'est à dire un dispositif funéraire à caractère strictement testamentaire financé bien évidemment par l'assurance mais laissant toujours le libre choix des familles quant à la nomination d'un exécutant responsable.
Comme vous l'avez vous-même souligné Monsieur le Président, pour votre propre Etablissement, dans la mesure de ses moyens le Voeu Funéraire veillera à ce que tous ceux qui ont participé à la prévoyance funéraire, soient étroitement partie prenante à la nécessaire action de sa mise en ordre et de son développement futur.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président à toute notre considération.
Jean-Pierre SIRUGUE Directeur Général
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