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 Déclaration à l'issue de la réunion avec les professionnels du secteur de l'hébergement des personnes âgées

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Déclaration liminaire du Premier Ministre du 26/08/2003,

Réunion du 26 août 2003 avec les professionnels du secteur de l'hébergement des personnes âgées et de l'aide à domicile

Les événements que nous venons de traverser ont entraîné une prise de conscience nationale des bouleversements induits par la révolution de la longévité. Pourtant, nous ne sommes qu'à l'aube d'un phénomène démographique durable. Seule une réponse globale permettra de relever ce défi collectif.

La première étape de cette réponse globale constituera l'objet du plan interministériel "Vieillissement et Solidarités" que le gouvernement entend présenter au mois d'octobre.

Le dossier du vieillissement et ses corollaires (perte d'autonomie, besoins en termes de santé et d'accompagnement, besoins de nouvelles formes de solidarité entre les générations-) appellent des réponses rapides et concrètes pour faire face aux insuffisances constatées lors de la canicule. A l'imprécision des données quantitatives, il faut ajouter l'incertitude des données qualitatives. Les faits bruts soulèvent énormément de questions auxquelles il est de notre responsabilité d'apporter des réponses étayées.

La première tâche est d'établir un diagnostic partagé, en lien notamment avec les professionnels et les usagers, sur les modes d'organisation et de fonctionnement des dispositifs et des structures d'accueil de personnes âgées. La qualité de l'accompagnement au quotidien n'est pas exclusivement liée à des questions de moyens financiers. Il faut envisager les difficultés dans toutes ses dimensions, et d'abord dans sa dimension humaine.

C'est pourquoi, sous l'autorité de François FILLON ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité ainsi que de M. Hubert FALCO, secrétaire d'Etat aux personnes âgées, des groupes de travail thématiques établiront un audit de nos dispositifs et de nos établissements, à la lumière des besoins exprimés par les uns et les autres. Ils porteront en particulier sur les sujets suivants : l'amélioration de l'accompagnement et de la prise en charge des personnes âgées à domicile d'une part, en établissement d'autre part. La question de la simplification des dispositifs de même que celle de la coordination des intervenants devra également être abordée. De la même manière, les difficultés liées à la faible attractivité du secteur et donc aux pénuries de recrutement- devront être examinées. D'autres acteurs (infirmières, médecins, experts -) seront associés à ces réflexions.

Ce travail sera mené tout au long du mois de septembre. Il s'enrichira au fur et à mesure des analyses plus fines dont nous disposerons sur ce qui s'est précisément passé au cours du mois d'août.

Ces travaux serviront de base aux décisions qui seront arrêtées. Notre rencontre de ce jour a pour objet de lancer ces travaux par un premier recensement des de vos observations et de vos constats.

Au-delà, il convient d'apporter des réponses à la hauteur des enjeux. Le gouvernement s'est attaché à mener à bien la réforme des retraites et à refondre la politique familiale en matière d'accueil du jeune enfant.

Je m'engage, avec la même énergie, à traiter dans les prochains mois la question de la dépendance, du fait de l'âge ou du handicap. La réforme s'impose :
  • réforme de la décision publique, dans le cadre de la réforme de l'Etat, pour mieux asseoir une culture de la prévention
  • réforme dans l'organisation pour simplifier le fonctionnement des institutions et améliorer la qualité du service, ce qui suppose sans doute d'aller plus loin encore dans la décentralisation ; cela sera un des points du débat
  • réflexion sur les nouveaux moyens indispensables à une politique ambitieuse de prise en charge de la dépendance.

Il ne s'agit pas, comme pour l'APA, d'inventer un dispositif sans songer à son financement. Il nous faut au contraire réfléchir à des sources de financement qui, dans un esprit de justice sociale, fassent appel à la solidarité entre les générations.

Enfin, chacun aura constaté la dimension strictement humaine des situations que nous avons connues.

Là encore, la réponse à apporter ne pourra être que collective (rôle de la famille, du voisinage, du gardien d'immeuble, des services sociaux, des élus locaux, de l'Etat -). Elle suppose qu'en lien avec les collectivités locales en particulier, une véritable politique du lien entre générations soit généralisée afin de lutter contre l'isolement.

J'ai la volonté d'engager les moyens nécessaires là où ils seront utiles mais je refuse de m'en tenir là : je veux qu'ensemble nous combattions ce qui m'est apparu aussi comme le signe d'un affaiblissement du lien social dans notre pays, par un surcroît de fraternité.
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